Entrevue avec Elie Semoun - Festival Marrakech du rire : "Les marocains ont beaucoup d'humour"

Publié le par Muriel

ELIE SEMOUN

La ville ocre accueille, de jeudi 3 juin à samedi 5 juin au soir la première édition du Festival "Marrakech du rire" organisée par la société Debjam de Jamel et Karim Debbouze. Dans ce cadre, l'humoriste français d'origine marocaine Elie Semoun présentera son 6ème spectacle, intitulé "Merki", samedi soir. Rencontre.

Vous serez en spectacle au Festival “Marrakech du rire” le 05 juin pour présenter votre 6ème spectacle intitulé “Merki”. Pouvez-vous nous parler de la trame générale de ce show?

Le fil rouge de ce spectacle c'est le couple : la tromperie, la folie, la rupture, la jalousie, le mensonge...Sinon, il n'y a pas de thème précis dans ce spectacle. Comme à chaque fois, ce sera pour moi une sorte de balade, une caravane de laquelle je libère mes personnages. Ils seront un peu plus de 13 cette fois-ci.

A ce propos, aux côtés des célèbres Mickeline, Kévina, Toufik ou encore Papy Pétou, il y a dans ce spectacle des personnages inédits. Pouvez-vous nous les présenter?

Il y aura par exemple Colette, une chanteuse coiffeuse complètement nulle en chant comme en coiffure d'ailleurs, puis un autre chanteur bidon, etc. En fait, les nouveaux personnages sont, comme d'habitude des premiers de la classe (rire), pas vraiment ce que l'on peut appeler des champions. Ce sont des personnages qui ne sont pas lucides sur eux-mêmes, et c'est cela qui fait rire car le public lui est lucide.

Vous êtes d'origine marocaine. Vous êtes-vous déjà produit au Maroc et qu'est-ce que cela représente pour vous?

Je me suis déjà produit à Casablanca, à deux reprises. La première fois, je me souviens que le public n'était pas très attentif, il se levait, allait au toilette, téléphonait...C'est très déstabilisant! J'ai fait avec...Par contre, c'est un public très chaleureux que je connais bien, étant donné mes origines. Pour le Festival “Marrakech du rire”, je suis content de venir jouer à Marrakech pour la première fois. En plus, je viens avec mon père qui va retrouver ici ses racines. Enfin, je suis très content d'être invité par Jamel Debbouze à cet évènement car nous nous aimons vraiment beaucoup.

Connaissez-vous et appréciez-vous en particulier certains humoristes de la scène marocaine?

Je ne connais malheureusement pas trop les humoristes nationaux car je ne parle pas assez arabe pour les comprendre. Pour connaître néanmoins Djamel et Gad, je commence à connaître le système d'humour marocain. Les marocains ont d'ailleurs beaucoup d'humour.

Comment procédez-vous pour écrire vos spectacles? Et quels sont vos sujets de prédilection?

En fait ce qui m'intéresse le plus à traiter ce sont les loosers, ces personnes qui se prennent au sérieux. J'aime dans les spectacles que le public soit complice. Quant à l'écriture des spectacles, certains personnages sont inspirés de la réalité. En fait, beaucoup même. Il suffit d'ouvrir les yeux, si vous savez observer, il y a des fous partout (rire). Il y a tout le temps matière à rire.

Vous dites “ne pas avoir de tabous, ni sur scène, ni dans la vie”. Pensez-vous pour autant que l'on peut rire de tout, aborder tous les sujets avec l'humour?

Ah, la fameuse question...Je pense que l'on peut rire de tout, mais qu'il faut juste le faire avec intelligence. Sans prétention, je pense que l'humour requiert de l'intelligence. Quand on est intelligent, on n'écrit pas sur le racisme, sur les juifs, les arabes, etc..Quand on n'est pas méchant, on utilise l'humour pour faire avancer les choses et pas l'inverse. De plus, on peut aborder tout mais en restant respectueux car le public est très fort, il sent tout, et il faut aussi le respecter lui.

Elie Semoun au quotidien est-il drôle?

Je suis drôle dans la vie avec les copains. Je crois aussi avoir le sens de l'humour, pour autant je ne suis pas en spectacle 24h sur 24, je le suis sur scène seulement. Et je trouve cela bien comme ça. En plus, ça parait toujours facile de faire rire. Une fois, d'ailleurs, à Nice quelqu'un m'a dit “et, moi aussi je sais faire rire”. Alors je lui ai laissé l'opportunité de monter sur scène et je pense qu'il a eu la honte de sa vie. Sur scène, pour être drôle, on travaille vraiment beaucoup pour le public et on doit mettre ses problèmes de côté car les personnes sont venues pour rire.

Enfin, votre carrière en tant qu'humoriste a débuté en 1990 après un passage du côté du théâtre et à la télévision avec la série“ Vivement lundi”. Faire de l'humour était-ce une évidence et, si vous n'aviez pas percé, qu'auriez-vous souhaité faire?

L'humour pour moi est une évidence. Dans la vie, je n'avais que l'humour pour vivre je pense. Si j'avais dû faire un autre métier, ce serait certainement une profession en rapport avec les plantes, la nature ; un domaine dans lequel je suis très pointu.

Propos recueillis par Muriel Tancrez - pour le quotidien Aufait

www.marrakechdurire.com

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