Détrito-logie

Publié le par Muriel

Deux à cinq mois pour le papier, une à douze années pour un mégot de cigarette, environ cinq ans pour le carton, 200 ans pour une canette en aluminium ou encore 4000 ans pour une bouteille en verre. A quoi renvoient ces chiffres ?

Au temps de dégradation naturelle ou biodégradabilité de nos produits courants. Nous le savons, les matières fabriquées par l’Homme mettent du temps à se désagréger et pourtant, regardez nos rues, elles sont jonchées de détritus en tout genre : mégots et paquets de cigarettes à foison, bouteilles vidées de leur contenu, cartons variés, emballages plastifiés…Ils sont tous là. Résultat : Nos rues ressemblent à ce que devraient normalement contenir nos poubelles !

Ce constat, nous sommes nombreux à le faire. A chaque jour, sa nouvelle preuve de l’irrespect de l’espace public, son nouveau geste qui viendra enlaidir le tableau et contribuer à la « détrito-logie » (l’inverse de l’écologie, vous l’aurez compris).

Tenez, hier encore, dans un des 8.000 petits taxis de Casablanca, un feu rouge qui s’éternise, un chauffeur qui s’agite, impatient, sondant du regard son habitacle à la recherche de ce qui pourrait bien l’occuper. Sa trouvaille ? Un carton d’emballage de la taille d’un autoradio. Sitôt vu, sitôt pris, sitôt envolé par la fenêtre avec tout le mépris qui accompagne un tel geste. Fier de lui qu’il était, en plus !

Le Maroc avance et, sur ce plan, il est temps que les individus prennent conscience que la propreté dans la ville dépend de chacun. Respecter sa ville, c’est se respecter soi !

(Billet d'humeur paru dans le journal Aufait - 2009)

Publié dans Chroniques

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