Consommation: Lentement mais sûrement, le e-commerce se développe au Maroc

Publié le par Muriel

Depuis bientôt trois ans, l'Internet marocain évolue et se dote, comme c'est déjà le cas dans de nombreux pays occidentaux, de services d'achat en ligne. Pourtant, ce n'est que récemment que la bulle du e-commerce marocain fait parler d'elle. La toile permet aujourd'hui de faire ses courses, d'acheter ses livres ou bien encore de remplir sa garde robe. L'offre croît, mais qu'en est-il de la demande? Le e-commerce répond-il à une nécessité au Maroc? Le Royaume est-il prêt à passer du commerçant de quartier au e-supermarché? Enquête.

"Aujourd'hui, le Marocain - la mère au foyer, l'étudiant, celui qui élève seul ses enfants et même le divorcé qui travaille - ne peuvent plus se plaindre de ne pas avoir assez de temps pour faire leurs achats" s'exclame Kati, jeune femme marocaine adepte de shopping en ligne, lorsqu'on la questionne sur le développement du e-commerce au Maroc.

 

Car l'offre, en effet, ne cesse de croître : iloveme.ma pour l'achat de vêtements, epicerie.ma pour faire ses commissions, dekodekal.com pour relooker son appartement avec des stickers ou encore mapara.ma pour l'achat de produits parapharmaceutiques ou cosmétiques.

 

Consommer pratique et rapide, un besoin grandissant au Maroc

 

L'offre est au rendez-vous, et les mutations de la société poussent à la demande. Là est certainement l'atout majeur du e-commerce pour se développer dans le Royaume. Car, en effet, la société marocaine change considérablement depuis quelques années : de moins en moins de femmes ont comme métier "mères au foyer", de plus en plus d'individus vivent en célibataires, et certains élèvent seuls leurs enfants.

 

Un bouleversement qui induit un mode de vie nouveau, plus stressant, du moins plus mouvant, qui nécessite une organisation plus rigoureuse au quotidien pour faire ses achats.

 

Une réalité qui profite, vraisemblablement, au développement du e-commerce. Néanmoins, il semble que l'acte de consommation au Maroc relève d'un véritable schéma socio-culturel fait d'habitudes fortes, de coutumes séculaires qui sont difficiles à détrôner.

 

Le Marocain, acheteur de proximité et consommateur prudent

 

"Les Marocains adorent payer en liquide. Puis, personnellement, j'adore le contact humain lorsque je fais mes achats, et toucher ce que je vais acheter."Karim, jeune cadre dans une société casablancaise, non adepte du e-commerce.

 

Et l'exemple de Karim n'est pas isolé. Kawtar - jeune stagiaire dans un quotidien de la place -, elle, aime acheter quelques tenues sur le site iloveme.ma mais regrette en effet de ne pas pouvoir toucher les produits, ou encore de ne pas pouvoir marchander les prix, autre pratique coutumière au pays du soleil couchant.


Ainsi, il semble que le consommateur marocain est un acheteur de proximité qui aime à saluer le commerçant de sa rue lorsqu'il fait ses courses. Un consommateur prudent, aussi, qui veut s'assurer de la qualité de ce pour quoi il paie.

Cette méfiance se traduit ainsi naturellement en hésitation face au phénomène du e-commerce au Maroc.

 

Le consommateur marocain a peur de l'arnaque et ne fait pas facilement confiance. "Pour mon premier achat, j'étais assez hésitante de par les idées reçues sur le commerce en ligne. On m'avait beaucoup dit que ce mode d'achat n'était pas très fiable" confie encore Kawtar, avant d'ajouter "finalement, j'ai été tout à fait satisfaite du service".

 

Cette méfiance récurrente, les professionnels du secteur au Maroc sont bien placés pour en parler. "Le problème de base pour que le e-commerce devienne un processus d'achat commun est la relation de confiance avec le client. Alors que c'est nous qui prenons le risque puisque le paiement se fait pour l'heure à la livraison, le consommateur reste méfiant. L'important est donc pour l'instant de viabiliser les enseignes." Adel Mokhtari, Directeur du site iloveme.ma, et de la société mère "Online Commerce".

 

Viabiliser les enseignes pour accroître la confiance, mais aussi développer un réflexe d'achat par l'augmentation de la concurrence.

 

Pour l'heure, le nombre de sites de services en ligne au Maroc s'évalue à une petite trentaine de sites.

 

Des nouveaux consommateurs on-line satisfaits

 

Néanmoins, si le commerce en ligne au Maroc n'en est pas au développement de ses voisins du nord, de nouveaux comportements émergent.Toute une catégorie de la population se met à acheter en ligne, quelques-uns deviennent même des "e-shopping addicts".

C'est un peu comme cela que se définit d'ailleurs Kati, jeune habitante de Casablanca :"Je suis une véritable adepte de epicerie.ma. A la base, ce n'était que de la curiosité. Je voulais savoir ce que cela donnait d'acheter ses denrées sur Internet et de se faire livrer chez soi sans bouger le petit doigt. Et ça s'est avéré très pratique, livré en temps et en heure avec une commande conforme."Kati, jeune habitante de Casablanca.

 

Et Samar, utilisatrice du site epicerie.ma d'ajouter : "Epicerie.ma est composée d'une bonne équipe et la livraison est sans retard. On gagne du temps, on n'a plus besoin de se déplacer et on n'a plus des litres de lait et d'eau à porter. De plus, le service qualité appelle toujours le lendemain de la livraison pour savoir si nous sommes satisfaits".

 

Ainsi, les premiers "addicts" marocains sont satisfaits et les services - au-delà de la facilité d'utilisation des sites, du choix du mode de paiement (espèce, chèque et bientôt carte de crédit) et du moment de livraison - s'avèrent être sérieux et de qualité.

 

Et les chiffres avancés par les vendeurs on-line ne semblent pas faire mentir la tendance : 10.000 clients en trois ans pour le site iloveme.ma, 15 à 20 commandes par jour pour epicerie.ma pour un panier moyen de 1.300 Dh.

 

Reste à connaître le profil type de cet utilisateur? Selon les commerçants en ligne, l'internaute acheteur est de classe A ou B, il a souvent séjourné à l'étranger et sa moyenne d'âge se situe entre 25 et 40 ans. L'acheteur en ligne est de classe A ou B, a souvent séjourné à l'étranger et sa moyenne d'âge se situe entre 25 et 40 ans.

 

Indéniablement donc, le e-commerce se développe au Maroc, mais il n'en est qu'à ses premiers pas :

"En terme de développement, je pense que l'on est à 5% maximum des potentialités. Ce ne sont que des balbutiements. Selon moi, il faut regarder dans les cinq années à venir pour que les consommateurs commencent à prendre le réflexe d'acheter sur Internet." Mohamed Benaddou Idrissi, Directeur de epicerie.ma.

 

Ainsi, si du fait des inégalités sociales et du taux de pénétration encore inférieur d'Internet (1,7% pour 2008 selon l'ANRT), le commerce en ligne demeure largement minime face aux pays occidentaux, la demande est au rendez-vous.

 

Gageons donc que les années à venir verront se développer ce secteur du commerce, avec une évolution des mentalités, et bientôt un paiement possible par carte bancaire.

 

Notre sélection de sites de e-commerce marocains

www.epicerie.ma (nourriture)
www.iloveme.ma (vêtements)
www.dekodekal.com (stickers décoratifs)
www.zeedoo.com (t-shirts personnalisés)
www.tm.ma (ventes privées)
www.mapara.ma / www.paranet.ma (parapharmacies)

 

Auteur : Muriel Tancrez (paru dans Aufait)

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Ludovic 27/01/2010 11:33


Bonjour,

Il est important de rappeler que les 2 plus gros e-business au Maroc sont : LYDEC et surtout la RAM - soit environ 4/5 des flux.

L'ambition 2010 est une centain de site e-commerce marocain. Inch'allah.

Contact d'une nouvelle association professionnelle sur ce domaine : AMECSEL www.amecsel.com

Ludovic LECLERCQ
www.opteam.fr
www.opteamar.ma