Chico & The Gypsies à Mawazine: "Au Maroc, comme ailleurs, on parle le même langage que le public...celui du coeur"

Publié le par Muriel

Les Chico & The Gypsies étaient mercredi soir sur la scène Qamra du Festival Mawazine et ont enveloppé, pendant plus d'une heure trente, le public dans leurs sonorités gypsies, à la fois festives et mélancoliques. Outre les chansons de leur dernier album "Suerte", ils ont repris des titres phares des Gypsy Kings et d'autres, comme "Petite Marie", "Ya Rayeh" ou encore "Comme d'habitude" en version gitane. Rencontre avec Chico, leader et fondateur du groupe mythique des Gypsy Kings.

Depuis la sortie de votre dernier album, Suerte, fin 2008, vous enchainez les scènes. Comment avez-vous trouvé le public marocain lors du concert de mercredi soir?


J'ai trouvé que le public était très connaisseur. C'est un public très sensible, qui réagit aux bonnes choses, au bon moment. Pour nous, ça a vraiment été un moment extraordinaire.


Vous vous attendiez à un tel accueil?


Nous avons surtout été surpris qu'il se régale autant. En fait, chaque fois l'on croit avoir découvert un public, puisque nous nous sommes déjà produit au Maroc, en définitive, chaque fois il se dépasse. Et quand il se régale, la vérité c'est que l'on est les premiers à se régaler.


Pouvez-vous revenir également sur la rupture avec les Gypsy Kings en 1991, et sur la formation de ce nouveau groupe en 1992, les Chico & The Gypsies?


Vous savez, les Gypsy Kings, c'est une histoire qui dure depuis trente ans. Avant c'était Los Reyes, que j'ai crée, puis les Gypsy Kings en 1980. Et en fait, on s'est séparé car, à l'époque, j'ai osé demander des comptes au producteur. C'était simplement ça le leitmotiv de la séparation. C'était une séparation difficile mais je suis très heureux car chacun a fait sa route et, du coup, j'ai rencontré des guitaristes de grand talent. Cette rupture possède donc un avantage : elle a permis l'émergence d'artistes incroyables. C'était pour certains des artistes que je connaissais, d'autres que j'ai découvert, mais pour la plupart je les ai connus jeune. J'en ai tenu la majorité dans mes bras, sauf Manolo qui était déjà costaud à la naissance (rire).


Les Chico & The Gypsies ont à leur actif cinq albums, dont le dernier Suerte sorti récemment. Comment voyez-vous l'évolution musicale du groupe car l'on a l'impression que votre musique s'enrichit d'autres tonalités?


Il y a une réelle progression dans ce que l'on fait, et c'est vrai qu'à présent, il y a des rythmes latinos... Dans notre musique, des ouvertures se font naturellement puisque nous avons la chance de voyager de par le monde. On s'imprègne de tout ce qui nous plait et forcément, par la suite, il y a des influences qui ressortent.


Pour finir, pouvez-vous revenir sur ce qu'est la musique gypsie, ses messages et ses sonorités?


Les messages de notre musique sont l'amour, la paix, la tolérance et la liberté. Ce sont des mots qui me collent à la peau et je suis notamment, depuis 1996, artiste de l'UNESCO pour la paix. Ainsi, ce sont des mots que l'on veut promouvoir dans le monde entier. Sur le plan des sonorités de la musique Gypsie, elle se nourrit du flamenco notamment bien sûr, mais je crois surtout que c'est l'interprétation qui la caractérise. Nous avons un son à nous que nous véhiculons de par le monde, bientôt au Canada d'ailleurs.


Dans tous ces pays que vous traversez, trouvez-vous une différence entre les publics, leurs réactions face à votre musique?


Ce qui est incroyable c'est que le public réagit de la même manière. Ils ne comprennent pas forcément les paroles et pourtant ils adhérent. Cela prouve que notre musique dépasse la barrière de la langue. C'est le vécu et l'émotion qui touche le public que ce soit au Japon, en Norvège, aux Etats-Unis ou au Maroc... On parle le même langage, celui du coeur.

(article paru dans le quotidien aufait - 21 mai 2009)

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